Isère : sanctuariser l’insertion par l’activité économique, avant qu’il ne soit trop tard

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Favoriser l’emploi : des chargées d'accompagnement dans l'emploi mutualisés

Tribune d’Isactys, groupe économique solidaire, aux élus et futurs élus des collectivités isérois

Le chômage remonte, les entreprises peinent à recruter, et l’État s’apprête à réduire encore les moyens consacrés à l’emploi.

Le premier volet du budget 2027, publié le 16 juillet, prévoit un recul de 8,7 % du budget du ministère du Travail. Cette coupe s’ajoute à celles déjà actées en 2025 et 2026. Les arbitrages sur les lignes détaillées ne sont pas connus, mais le signal est clair.

 

Un redressement nécessaire, des choix politiques

La charge de la dette augmente et les causes du dérapage sont connues : inflation énergétique, instabilité politique, mais aussi perte de productivité, pénurie de compétences, dérèglement climatique et précarisation. La question porte sur les leviers, et ce sont des choix politiques.

Une contradiction que le territoire paiera

Ce budget est à périmètre constant, hors loi de programmation militaire (+6,4 Md€) et transition écologique (+1,5 Md€). Comment réindustrialiser, s’adapter au climat et au vieillissement de la population en réduisant les moyens de l’emploi ? Ces transitions ont besoin de bras et de compétences, précisément ce que l’insertion fabrique.

Chiffres clés : budget 2027

-8,7 % : recul prévu du budget du ministère du Travail

–5,9 % : recul du budget spécifique IAE

+6,4 Md€ : loi de programmation militaire

+1,5 Md€ : ministère de la Transition écologique

L’IAE : un dispositif qui a fait ses preuves

L’insertion par l’activité économique (IAE) offre à des personnes très éloignées de l’emploi un contrat de travail réel, un accompagnement social et professionnel, et un chemin vers l’emploi durable. C’est un dispositif éprouvé, qui répond à la fois à la difficulté de recruter des employeurs et à l’exclusion des publics les plus fragiles. « Kezako de l’IAE » 

Une mobilisation s’engage, élargie à l’ensemble des acteurs de l’inclusion, les IAE mais également EA, EAST, TZCLD, GEIQ, Missions locales et acteurs de l’accompagnement. Communique de presse – Budget 2027 : le Gouvernement veut (encore) supprimer 4 000 emplois en insertion.

FOCUS – Des opportunités d’emploi inclusif en Isère : l’engagement d’Isactys sur son territoire

442 demandeurs d’emplois orientés en 2025 vers nos structures d’insertion, par nos partenaires et prescripteurs du territoire.

208 salariés en parcours d’insertion (179 en 2024), dont : 70% de l’Isère / 30% de la Savoie / 108 Femmes (52%) / 42% de niveau scolaire inférieur au CAP/BEP / 18% d’Allocataires du rSa / 12% en statut de RQTH / 27% inscrits à France Travail depuis plus de deux ans

• Moins de 26 ans : 30% : 26 – 49 ans : 42% / 50 ans et plus : 28%

59 370 h de travail réalisées dans nos activités IAE (+2,7%). Ces heures de travail ont été réalisées auprès de 219 clients.

Rapport d’activité 2025 Isactys

2026 : la preuve que la mobilisation fonctionne

Lors de l’examen du budget 2026, le gouvernement annonçait d’abord une baisse d’environ 14 % de l’enveloppe de l’IAE, soit près de 200 M€. Une mobilisation inédite des acteurs a permis de revoir profondément cette copie. Le sursaut collectif a donc payé, mais cette vigilance ne peut pas devenir un rituel annuel.

Le saviez-vous ?
En 2025, l’IAE représentait
10 000 équivalents temps plein d’insertion en Auvergne-Rhône-Alpes. Une baisse de 14 % aurait supprimé plus de 1 400 ETP, soit plus de 5 000 personnes privées d’un parcours d’insertion en 2026 dans la région. À cela s’ajouteraient les postes d’encadrement et d’accompagnement qui y sont liés.

Derrière chaque ETP, un poste d’encadrant

Couper dans l’IAE ne supprime pas seulement des contrats d’insertion. Cela fragilise aussi les équipes qui encadrent, forment et accompagnent, donc la capacité même des structures à accueillir des publics en difficulté. Ces emplois qualifiés, non délocalisables, sont ancrés dans chaque bassin de vie iserois, de l’agglomération grenobloise aux vallées et aux territoires ruraux.

Les collectivités, premières concernées

Quand un parcours d’insertion disparaît, le coût se reporte sur les communes, les intercommunalités et le Département : demandes d’aides sociales, tensions sur le logement, isolement, difficultés de mobilité, entreprises locales sans main-d’œuvre. Les collectivités isérois ne peuvent pas être spectatrices d’un désengagement de l’État dont elles absorberont les conséquences.

Le rôle concret des communes en Isère

Les élus locaux disposent de leviers réels : clauses d’insertion dans les marchés publics, achats responsables, mise à disposition de locaux ou de chantiers, coordination avec les acteurs de l’emploi et de l’action sociale.

Nouveaux élus en Isère : comprenez l’écosystème de l’insertion et le rôle que chacun peut y jouer.

– le guide du maire idéal en Auvergne-Rhône-Alpes 

–Notre appel : sanctuariser

Nous demandons aux élus et futurs élus de l’Isère trois engagements :

  1. Interpeller les parlementaires isérois pour que les crédits de l’IAE soient sanctuarisés dans la loi de finances 2027.

  1. Soutenir les structures d’insertion de leur territoire par la commande publique et le partenariat local.

  1. S’approprier les outils mis à leur disposition pour faire de l’insertion une politique locale assumée.

Investir dans l’insertion coûte moins cher que la fracture sociale, et l’Isère a les acteurs, les entreprises et les savoir-faire pour réussir. Il manque une volonté politique commune qui tienne dans la durée.

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